19 novembre 2007
Un an et demi sans nouvelles ...
Explication du titre et de la longue pause du blog d'Elise. Merci canalblog, merci Aurélie ...
"Je suis le père d'Elise Gaye gravement accidentée en février 2005 et l'auteur du blog Le Journal d'Elise http://elisegaye.canalblog.com, outil d'information familiale et de mémoire. Elise, lors de sa rééducation, a voulu prendre le relais du Blog (c'était prévu comme ça) et a modifié l'identifiant et le mot de passe. Le lendemain, elle ne se souvenait plus des mots, souffrant toujours de problèmes de mémoire active.
Je vous ai écrit à plusieurs reprises pour savoir comment je pouvais accéder à nouveau à l'outil d'administration du Blog. Je n'ai pas eu de réponse. Je comprends parfaitement que vous ne pouvez intervenir sur des cas particuliers. Cependant, j'ai l'espoir que cette fois, peut-être, vous pourrez m'aider ainsi que ma fille Elise. Nous projetons de publier le Blog et pour ce, nous avons besoin de pouvoir accéder à l'outil d'administration.
Merci.
10 avril 2006
Retour pour Pâques
Pas de nouvelles bonnes nouvelles dit l'adage. Elise est à Paris et attend avec patience et impatience une proposition d'emploi. Elle se porte bien et poursuit sa progression. Elle est toujours suivie et a ajouté à la panoplie d'intervenants une sophrologue. Les exercices et postures lui font du bien, dit-elle.
Elise rentre à Auxerre, ce week end, pour les fêtes de Pâques en famille. Sandra, Emma, Chloé et Fabrice débarquent, samedi soir, car Greatfab a un match de foot à Reims. Depuis que la faculté l'a rassuré sur son genou, l'arrière latéral du CDCER de Reims ne se sent plus et a des fourmis dans les jambes. Il y aura aussi tonton Philippe et cousine Emilie qui arriveront de Belgique. La cueillette des oeufs dans le jardin promet et vaudra son pesant d'or.
Désolé de ne pas avoir donné de nouvelles depuis février. Elise n'y tient pas trop. Elle a envie de recouvrer une vie "normale". Mais qu'est-ce qu'une vie normale ? Elle salue toutes celles et ceux qui la soutiennent et les embrasse très fort.
17 février 2006
Un an déjà
Hier, jeudi 16 février, à l'aube, cela fait un an plein qu'Elise a eu cet accident. Personne n'a relevé, mais toutes et tous, on savait.
Elise n'était pas bien. Elle a du se coucher. Un virus ? Un médecin du Samu est venu à son chevet. Demain, elle irait mieux.
17 janvier 2006
Cumul de handicaps
Elise n'a toujours pas de travail rémunéré. Elle découvre les métiers d'une boîte de prod à Paris et étudie des dossiers juridiques avec Mathieu, un ami, qui est avocat. Cela l'occupe et la fait évoluer. Espérons.
Par ailleurs de nouvelles expertises se profilent. Elise a appris qu'elle ne pourrait pas emprunter de l'argent avant que cinq années se soient écoulées entre le jour où elle aura arrêté ses traitements et celui de la demande prêt. Moralité : lorsqu'on a un handicap, on en cumule automatiquement d'autres. Les compagnies d'assurance ne couvrent pas les contrats de traumatisés crâniens. Elles préservent et gèrent leurs intérêts.
Il faut être fort dans sa tête pour reconstruire une vie à 29 ans.
28 décembre 2005
Gummi s'est éteinte
Mary Gaye née Robinson s'est éteinte cet après-midi à l'âge de 81 ans. Rien ne le laissait présager.
Le visage de la grand-mère d'Elise était paisible. Elle n'a, d'évidence, pas souffert.
C'est femme d'exception qui nous quitte.
25 décembre 2005
Joyeux Noël
Elise souhaite à toutes et à tous un Joyeux Noël.
De tout coeur.
09 décembre 2005
Clara
Le tournage a duré un jour de plus que prévu. Elise termine aujourd'hui. Elle est exténuée mais ça va.
La semaine prochaine, elle va garder sa filleule Clara à Reims avec Sandra, Fafa et Emma.
Cath et Lolo s'envolent pour Lisbonne avec Mimi et Michel Abeille.
06 décembre 2005
Compiègne
Elise, assistante réalisatrice, est en tournage pour TF1 à Compiègne avec une boîte de prod.
Quatre jours au sein d'une petite équipe, à découvrir un univers nouveau, à se rendre utile dans le cadre d'un projet commun, à vivre ...
29 novembre 2005
Le temps
Elise dort beaucoup. Elle soufre de petits troubles divers pas bien identifiés.
Les journées passent sans que rien ne se passe. Elise fait des tartes pour sa maman.
23 novembre 2005
Froid
Elise va bien. Elle a effectué plusieurs aller-retour à Reims et Paris en train. Elle cherche à réduire les prises de médicaments mais ce n'est pas évident. Elle poursuit ses recherches d'emploi.
Elise dort beaucoup. Elle a besoin de récupérer. Le froid vif qui perdure ankylose les membres et réduit les déplacements. Elise est casanière et est très zen en ce moment.
02 novembre 2005
Pitié
Elise retourne à Paris en consultation chez Mme Prada, neurologue, à l'Hôpital La Pitié-Sapêtrière.
31 octobre 2005
Les yeux et les araignées
Après avoir été traitée, il y a cinq mois, parce qu'elle voyait double, Elise retourne, aujourd'hui, chez l'ophtalmologiste. Elle se plaint que sa vue baisse, surtout l'oeil gauche.
Elise n'a plus peur des araignées. Elle dit que c'est grâce aux médicaments qu'elle prend toujours, un anxyolitique à très faible dosage et un antiphobique.
18 octobre 2005
Anniversaire
C'était l'anniversaire d'Elise, hier. 29 ans.
Merci la vie.
08 octobre 2005
Sur le coma d'Elise
L'expert neurologue psychiatre diplômé de réparation juridique du dommage corporel, missionné par la compagnie d'assurance, a dit à Elise : Vous n'avez pas fait de coma ... Vous ne savez pas lire ?
En dehors du vécu familial, où les membres de la famille, pendant cinq jours, ont attendu qu'Elise se réveille ... ou ne se réveille pas, ... où ses parents n'ont pu la voir en chambre stérile, sous haute surveillance (chambre à vitres au SAMU), que deux minutes par jour, ... où les parents témoignent, la mère et le père, qu'Elise ne répondait à aucun de leurs stimuli et paraissait définitivement endormie, ... il existe aussi des écrits médicaux qui attestent du coma de leur fille cadette.
D'abord, dans le compte rendu opératoire signé par le Dr Noudel daté du 25 février 2005, le neurochirurgien du CHU de Reims qui a sauvé la vie d'Elise en pratiquant un geste opératoire décisif : on peut lire :
L'hématome extra-dural a été opéré en extrême urgence alors que la patiente s'enfonçait progressivement dans un coma avec hémiplégie droite.
Dans le compte rendu du Dr Prada-Diehl, neurologue au groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière, en date du 25 avril 2005 :
La gravité du traumatisme est attestée par l'extradural qui a été drainé en urgence alors qu'elle était dans le coma avec un déficit droit. Il existe aussi des lésions de contusions bi-frontale. L'amnésie post-traumatique a duré un mois.
Qui ne sait pas lire ? Elise ou Monsieur le Dr Expert de la compagnie l'assurance ?
Le coma est une notion qui tend à être dépassée. Il exsite des outils qui affinent la notion. Il existe différentes phases de coma (1,2,3,4) Il existe l'indice de Glasgow. Elise était en coma phase 1 avec un Glasgow de 8 sur 15 en entrant à l'hôpital selon le Dr Noudel , puis estimé par un écrit à 12 sur 15 après l'opération par le Dr Maryse Jaussaud, anesthésite-réanimateur, avec hématome extra dural frontal gauche et contusions hémorragiques temporales droite et gauche. (Attestation signée en date du 25 février 2005).
La distinction entre un coma profond dû à des lésions vitales importantes (il existe des personnes plongées dans le coma depuis dix, vingt ans voire plus) et une sédation postopératoire est d'ordre scientifique. Elle échappe au commun des mortels. La victime est inconsciente dans les deux cas. Quelle est la différence entre un coma lésionnel organique et un coma médicamenteux dû à la prise de barbituriques par une personne qui se suicide ?
On l'a écrit sur ce blog en février, si, pendant la période de coma d'Elise, ses contusions hémorragiques bitemporales avaient évolué dans le mauvais sens - ce qui constituait l'enjeu de sa survie - Elise aurait été plongée dans un coma profond afin de réduire au minimum ses fonctions vitales et éviter la mort immédiate. Comment un médecin plonge-t-il un patient dans un coma profond sinon par l'injection de potions médicamenteuses ?
Expertise suite
Le neurologue auxerrois d'Elise l'a rassurée sur l'expérience désastreuse de l'expertise médicale commandée par l'assurance. Il a lui-même été expert et connaît la musique. L'expert parisien en question, un neuro psychiatre, ne pratique sans doute plus selon le neurologue. Il ne fait que des expertises. A mille euros l'acte, cela rapporte. Pas besoin de cabinet puisqu'il n'exercerait plus la médecine. C'est pourquoi il aurait sans doute utilisé pour les besoins de la cause le cabinet de son épouse dermatologue.
Le neurologue auxerrois d'Elise lui a dit de se distancier de tout ça car ce n'est pas vraiment son problème puisqu'elle a un avocat pour défendre ses intérêts. Il faut lui faire confiance d'autant qu'il est très bon. Et puis il y aura d'autres expertises dites de consolidation.
Tante Huguette, la soeur cadette de Smoky, a écrit une très belle lettre où elle cadre bien la problématique et apporte son soutien chaleureux. Il est certain que le rôle d'un expert médical payé par la compagnie d'assurance est de minimiser les circonstances de l'accident et donc les séquelles éventuelles. Par ailleurs, Elise est juriste et peut-être le médecin a-t-il voulu l'éprouver, oubliant qu'elle est avant tout en la circonstance, une patiente en souffrance. Mais ça manifestement, il n'en avait rien à faire.
On attend de pouvoir lire le rapport d'expertise.
05 octobre 2005
Témoignage sur France Inter
David Abiker de France Inter a consacré sa chronique matinale intitulée Blogue à part au Journal d'Elise.
Pour l'écouter, cliquez ici
Elise a accepté de collaborer car elle veut que son blog puisse aider les autres, qui comme elle, vivent une aventure hors du commun, jalonnée de souffrances.
03 octobre 2005
Expertise bidon
L'expertise médicale commandée par la compagnie d'assurance s'est mal passée, ce matin, à Paris. En tout cas Elise l'a très mal vécue. Elle était chavirée, en pleurs à la sortie. Sans juger au fond, le moins que l'on puisse dire est que le neurologue-psychiatre expert médical n'a pas réussi a établir une relation de confiance avec sa patiente, une patiente en situation de fragilité.
Il a commencé par lui asséner, niant l'évidence, qu'elle n'avait pas été dans le coma !!!!
Et lui a demandé si elle se souvenait lorsqu'elle était entrée à l'hôpital... (le rapport d'entrée au CHU de Reims atteste entre autres, qu'elle était hémiplégique et qu'un gros hématome au lobe frontal nécessitait une intervention chirurgicale vitale d'urgence). Elise s'est sentie agressée lorsqu'il lui a reproché de ne pas avoir amené de photocopies des compte rendus médicaux et de l'expertise pratiquée à La Pitié-Salpétrière. Ce médecin ? Elise a des doutes car il n'y avait pas de plaque à son nom mais à celui de sa femme dermatologue là où elle avait été convoquée, n'a apparemment pas de photocopieuse. Il a également mis en doute les prescriptions de médicaments du psychiatre qui suit Elise car ces prescriptions n'étaient pas dans le dossier.
Il a demandé à Elise si l'accident avait changé quelque chose dans le cours de sa vie et quoi ? Tout était à l'avenant pendant deux heures. Elise explique qu'elle a eu le sentiment que ce monsieur condescendant la regardait, sourire en coin, comme une opportuniste. Elle s'est sentie méprisée, dégradée par cet homme qui est censé être un homme de l'art.
S'agit-il d'un soignant ou d'un marchand de tapis commandité pour banaliser la souffrance et nier l'évidence ? Dernière hypothèse : Elise serait-elle tellement atteinte par son traumatisme crânien (sans coma ?), qu'elle délirerait et affabulerait ... ?
Le père d'Elise a alerté la compagnie d'assurance sur l'absence d'humanité du soignant en question. Car là est le fond. D'autres expertises auront lieu, qu'importe. Ce qui n'est pas normal c'est qu'un médecin qui est censé soulagé la souffrance humaine, par son attitude et son comportement, puisse ajouter au désarroi et à la souffrance d'une jeune femme dont le cours de la vie a été brisé, à 28 ans, un matin de février 2005, près de Reims.
Oser affirmer qu'Elise n'a pas été dans le coma c'est l'atteindre au plus profond de sa dignité car c'est précisément là que ça fait mal, le coeur de son mal-être. Ce coma de quatre jours est la conséquence de l'accident dont elle ne se souvient pas et il symbolise et incarne la perte de mémoire, le trou noir de deux mois dans son existence, qui lui pose problème car elle ne comprend pas. Nier le coma d'Elise revenait donc à nier l'origine de la souffrance d'Elise. C'est non seulement maladroit mais d'une perversité absolue.
27 septembre 2005
Elise poursuit son chemin
Elise va plutôt bien. Quelques nouvelles.
Elle a participé à la réalisation d'un nouveau clip dans le cadre de la lutte contre le sida. Un CD va suivre. Pour le reste, Elise navigue entre ses référents médicaux et les rencontres qu'elle fait dans le cadre de sa recherche d'un emploi.
Elle vous embrasse toutes et tous.
14 septembre 2005
Nouvelles
Pas trop de nouvelles ces derniers temps. Les séances de rééducation ont repris ainsi que les consultations chez les médecins spécialisés. Lundi, c'est un nouveau rendez-vous avec la neurologue à l'Hôpital la Pitié-Sâlpétrière à Paris. La semaine dernière, électro-encéphalogramme à Auxerre qui devra être interprété par le Dr Billy.
Compte tenu de l'évolution positive, la Faculté a décidé de sevrer puis de couper un des médicaments absorbés par Elise, le Tegrétol (une saloperie selon certains médecins). Depuis - mais faut-il y voir un rapport de cause à effet ? - Elise est mélancolique. On va voir. Il est vrai que son obsession est de retrouver rapidement un emploi et de subir l'expertise médicale commanditée par la compagnie d'assurance, pour le début du mois d'octobre à Paris. Elle a hâte d'en finir avec tout ça, qui la ramène en permanence à l'accident. C'est pourquoi elle ne sera pas juré aux Assises de l'Yonne à la fin du mois. Elle n'a pas envie de partager malheurs et drames des autres pendant dix jours à raison de dix heures par jour au moins et de devoir juger. Elise a envie de pureté, de soleil et de beau...
En attendant elle expédie des lettres et curriculum vitae avec l'espoir que l'une d'entre elles débouche sur du concret. Elise a passé quelques jours à Paris la semaine dernière, pour réactiver ses contacts.
Six mois se sont écoulés depuis l'accident, survenu le 16 février à Reims.
29 août 2005
Retour
Elise rentre ce soir de Corse. Le bâteau accostera à Marseille à 11 heures seulement après avoir appareillé dimanche soir à 21 heures. Le retard (trois heures) est dû à l'évacuation par hélicoptère, nuitamment, d'un passager malade.